Apprentissage coopératif : consolider ses connaissances en équipe

Qu’est-ce que l’apprentissage coopératif ? Quelles en sont les principales catégories ? Quelle est la différence avec l'apprentissage collaboratif ? Trouvez les réponses à vos questions dans cet article !
Avatar del autor

Natalia De la Peña Frade

Tiempo de lectura

9 minutes

icon

avril 29, 2024

Accueil

Toujours plus d’enseignants et d’établissements incorporent les stratégies d’apprentissage coopératif en salle de classe. Ce plan a plus de qualités que l’aloe vera : il permet d’alléger la charge de travail enseignante, de dynamiser les cours, de booster la motivation et d’améliorer la compréhension des concepts. 

NB : Ne pas confondre apprentissage coopératif et apprentissage collaboratif. Non, ce n’est pas la même chose. Dans cet article, je tâcherai de vous donner un maximum d’infos sur ces deux concepts. Et notamment d’expliquer en quoi ces deux stratégies se ressemblent et se différencient. C’est parti !

Synthèse

L’apprentissage collaboratif est à la base de nombreuses méthodologies actives. Il consiste à organiser des activités que les élèves réalisent en groupe, en coopérant les uns avec les autres pour atteindre un objectif commun. Parmi ses avantages, on citera des cours plus dynamiques, une motivation accrue et une meilleure compréhension des concepts.

L’apprentissage coopératif et l’apprentissage collaboratif, ce n’est pas la même chose. Ces deux formats d’apprentissages sont différents, d’abord dans l’un l’enseignant guide les élèves, répartit les rôles et suit le déroulement de l’activité, alors que dans l’autre, les élèves se répartissent le travail et le réalisent sans l’intervention de l’enseignant.

Différents types d’apprentissage coopératif répondant à des objectifs variés existent, cependant tous ont, en générale, un point commun : ils renforcent la sociabilité des apprenants.

Qu’est-ce que l’apprentissage coopératif ?

L’apprentissage coopératif est une méthode pédagogique dans laquelle les étudiants travaillent en petits groupes, sous la supervision d’un enseignant et avec un même objectif.  L’apprentissage coopératif vise (et atteint généralement son but) à ce que chaque étudiant maximise son apprentissage et celui des autres membres du groupe.

C’est une stratégie fondamentale dans de nombreuses méthodes actives, telles que l’apprentissage par projet (PBL), l’apprentissage par défi (CBL) et la classe inversée. Les méthodes actives encouragent la participation des étudiants, la coopération et un apprentissage efficace. Ces objectifs s’inscrivent parfaitement dans le cadre de l’apprentissage coopératif.

Pour la mettre en place, il ne suffit pas de diviser les élèves en groupes et de leur demander de coopérer. Ils ont besoin d’entraînement et d’aide. On ne peut considérer que l’apprentissage coopératif fonctionne que lorsque ses cinq éléments fondamentaux sont présents :

  1. Interdépendance positive entre les élèves, 
  2. Responsabilité individuelle et collective,
  3. Promotion des interactions, c’est-à-dire que les élèves encouragent les efforts du reste du groupe pour atteindre l’objectif commun,
  4. Compétences collaboratives, telles que le traitement de l’information en groupe 
  5. Capacité à effectuer des évaluations de groupe et à réfléchir aux moyens d’améliorer les performances du groupe.

«La réussite des uns est la réussite des autres». Francisco Zariquiey

8 Bénéfices de l’apprentissage coopératif

  1. Amélioration des performances des élèves, car une meilleure compréhension de la matière est obtenue en moins de temps.
  2. Ces derniers renforcent leurs capacités à communiquer, sociabiliser et à résoudre des problèmes. 
  3. Les élèves acquièrent des compétences métacognitives, c’est-à-dire qu’ils prennent conscience de leurs forces et de leurs faiblesses.
  4. Un enseignement moins monotone
  5. Un environnement d’apprentissage plus dynamique 
  6. Motivation et participation accrues 
  7. Une stimulation de l’esprit critique à l’égard des matériaux
  8. Augmente la possibilité de recevoir un feedback

Apprentissage coopératif dans le virtuel

Les nouvelles technologies transforment l’éducation et contribuent à améliorer le processus d’enseignement et d’apprentissage à bien des égards. L’apprentissage coopératif ne fait pas exception. La technologie permet d’innover dans la mise en œuvre de cette stratégie et parvient à supprimer certaines des limites du monde physique. Et c’est aussi : 

  • Plus de facilité à partager des informations dans le monde en ligne grâce au nombre d’outils qui existent à cet effet. C’est d’ailleurs encore plus rapide que dans le monde hors ligne. On citera, par exemple, l’utilisation de LMS ou d’espace de travail tels que celui de Google.
  • Un certain nombre d’outils en ligne permettent la création collaborative et la co-édition en temps réel.
  • Il est possible d’obtenir des données et de suivre les progrès des apprenants au niveau individuel et collectif, grâce à la trace générée dans le monde en ligne.
  • Il est très facile de proposer des activités d’auto-évaluation qui aident l’apprenant ou le groupe à prendre conscience de ses progrès et encouragent l’auto-apprentissage. 
  • L’utilisation d’outils technologiques dans le processus d’apprentissage permet de renforcer les compétences numériques des élèves.

profesora trabajando en clase con su alumnado, con laptops en post sobre aprendizaje cooperativo

WEB

Découvrez le plan Genius

Le meilleur plan de Genially pour apprendre et enseigner en équipe:

  • Accès illimité à Genially
  • Espace de travail commun aux enseignants et aux étudiants
  • Édition simultané
  • Outil d’analyse… et bien plus encore !

Apprentissage collaboratif et apprentissage coopératif

L’apprentissage coopératif et l’apprentissage collaboratif sont deux méthodes distinctes. Et si ces deux stratégies éducatives ont plusieurs points communs et qu’il est facile de les confondre, de par leur nature, toutes deux favorisent le travail d’équipe.

Entre collaborer et coopérer, la nuance peut vite passer inaperçue.

  • La collaboration est le fait de travailler ensemble pour atteindre un objectif commun.
  • Coopérer, c’est aider les autres et travailler de manière équitable.

Observez le tableau ci-dessous pour éclaircir d’éventuels doutes :

APPRENTISSAGE COOPÉRATIFAPPRENTISSAGE COLLABORATIF
Les élèves travaillent ensemble sur un même exercice pour atteindre un objectif communLes élèves travaillent sur des exercices distincts pour atteindre un objectif commun
Organisé par l’enseignant, qui conçoit l’activité, forme les groupes, propose les règles et distribue les exercicesAutonome: les apprenants s’organisent par eux-même pour travailler
Il est fondé sur l’interaction entre les membres du groupeIl est fondé sur la collaboration entre les membres du groupe
Structuré en exercices et en projetsConçu pour que les élèves fassent leurs propres recherches sur un sujet donné.
Les apprenants doivent travailler en face à face, de manière synchrone (même si cela peut être virtuel)Les élèves peuvent travailler séparément et associer leurs travaux à la fin
Les travaux individuels et de groupe sont évaluésLe travail final est évalué en tant que résultat commun

Différences entre l’apprentissage coopératif et l’apprentissage collaboratif

En voici un exemple :

  • Lorsqu’un enseignant demande à sa classe de se diviser en groupes et de travailler sur un sujet, par exemple le cycle de l’eau, il s’agit d’un apprentissage collaboratif. Les élèves créent les groupes et se répartissent le travail comme ils le souhaitent. Chaque élève progresse seul, puis associe son contenu au travail du reste du groupe qui est ensuite remis à l’enseignant. Le travail est évalué par une note commune, tous les membres du groupe obtiennent donc la même note. 
  • Si l’enseignant veut mettre en pratique l’apprentissage coopératif, il doit organiser les groupes. En outre, chaque groupe sera invité à étudier une phase du cycle de l’eau (évaporation, condensation) et chaque membre du groupe se verra attribuer un rôle (chercheur, rédacteur, présentateur, etc.). Chaque groupe travaille de manière coordonnée pour réaliser son rapport, à la fin du cours, les équipes échangent leurs rapports afin d’obtenir le feedback des autres. 

Au prochain cours, les équipes tâcheront d’améliorer leurs rapports sur la base des commentaires reçus de la part des autres. Enfin, les groupes présentent leur travail à la classe, en réfléchissant à la manière dont les cycles de l’eau sont liés les uns aux autres. Lorsqu’ils remettent le résultat final, ils obtiennent une note individuelle et une note collective.

Apprentissage collaboratif ou coopératif, lequel choisir ?

Aucun n’est meilleur que l’autre. Tout dépend du sujet, des objectifs… de biens des facteurs. Presque tous les experts en éducation s’accordent à dire que l’idéal est de combiner plusieurs stratégies.

Pour reprendre l’exemple, les deux types d’apprentissage encouragent le travail d’équipe

Dans le cas de l’apprentissage collaboratif, tous les étudiants amélioreront leurs compétences en matière de recherche, alors que dans le cas de l’apprentissage coopératif, seuls les étudiants qui se sont vu attribuer un rôle dans ce domaine amélioreront leurs compétences en la matière. Il en va de même pour les compétences de rédaction et de présentation. 

En instaurant un système de roulement, chaque élève sera amené à expérimenter et à améliorer ses compétences pour chaque rôle, quitte à compliquer légèrement l’exercice.  

Mais venons-en au fait : quel est l’objectif académique fondamental de cette activité ? Comprendre le cycle de l’eau en profondeur. Et c’est là que c’est évident : l’apprentissage coopératif contribue davantage à cet objectif, car la réflexion finale sur la façon dont les cycles sont liés les uns aux autres permet aux élèves d’avoir une vision de l’ensemble du cycle et de mieux se souvenir de ces informations. 

D’autres avantages, tels qu’apprendre à intégrer des informations issues de différentes sources, l’apprentissage en groupe ou l’amélioration des compétences communicatives, sont consolidées par un apprentissage coopératif.

Types d’apprentissage coopératif

Il y a différentes façons de mettre en place un apprentissage coopératif, avec des dynamiques qui ne durent que quelques minutes, des débats sur plusieurs sessions ou en créant des groupes qui resteront unis pendant longtemps. Choisissez celui qui correspond le mieux à vos objectifs.

  1. Apprentissage coopératif formel : il s’agit de faire travailler les élèves en groupes pour atteindre un objectif commun. Les groupes peuvent durer une heure ou plusieurs semaines. Applicable à toutes les matières, tous les objectifs académiques et toutes sortes d’exercices, c’est la base de l’apprentissage coopératif.  

Choisissez cette dynamique pour vous assurer que les élèves participent activement.

  1. Apprentissage coopératif informel : il peut durer de quelques minutes à la totalité du cours, favorise la concentration des élèves sur le matériel et facilite l’apprentissage. Aucune planification et une structure simple.  

Choisissez ce type d’apprentissage coopératif pour alléger la charge d’enseignement d’une matière de manière ponctuelle. 

  1. Groupes coopératifs de base: il s’agit de groupes hétérogènes établis pour au moins toute l’année scolaire. Dans ces groupes, l’objectif principal est de soutenir, d’aider, d’encourager et d’assister les autres étudiants afin qu’ils puissent progresser sur le plan académique. Ils débouchent souvent sur des relations stables et engagées qui dépassent le contexte dans lequel les groupes ont été créés.

Choisissez cette dynamique si vous souhaitez renforcer les rapports entre vos élèves.

  1. Controverse constructive: elle est généralement menée par deux groupes de deux, de manière à ce que chaque paire défende au moins deux positions opposées. Cette dynamique est extrêmement utile pour que les élèves apprennent à écouter, à défendre leurs idées et parviennent à un consensus avec leurs camarades de classe. L’équipe apprend ainsi à faire des compromis et à prendre des décisions qui profitent à tous.  

Choisissez cette dynamique si vous souhaitez encourager des débats et des discussions ordonnés dans votre groupe.

Quels sont les éléments à prendre en compte pour mettre en œuvre cette stratégie ?

Les dynamiques d’apprentissage coopératif fonctionnent généralement avec des groupes de 3 à 5 élèves. 

En outre, pour qu’il fonctionne bien, les enseignants et les élèves doivent s’exercer. Travailler en coopération ne se fait pas du jour au lendemain.

Le suivi de l’enseignant est essentiel. L’enseignant doit superviser le travail afin d’éviter les disputes, l’effacement de certains ou la tentative de faire le travail individuellement. 

Lors de l’évaluation du travail, l’enseignant commentera le travail individuellement et collectivement.  Il est important de se concentrer sur le retour d’information du groupe afin de donner plus de poids au travail collaboratif et d’accroître l’impact de cette stratégie.

Plus cette stratégie est utilisée, plus l’impact est important. Les auteurs de ‘L’apprentissage coopératif en classe recommandent de l’utiliser 60 à 80 % du temps. Si les débuts peuvent être difficiles, plus l’enseignant acquiert de la pratique, et plus il sera en mesure d’introduire une dynamique d’apprentissage coopératif facilement.

Enfin, dans l’idéal, l’équipe enseignante doit établir une dynamique de coopération et d’entraide pour mettre en œuvre l’apprentissage coopératif. Non seulement parce que ce sera plus simple et plus enrichissant, mais aussi dans le souci de montrer l’exemple !

Pratiquez-vous l’apprentissage coopératif en cours ? N’hésitez pas à partager votre expérience et vos questions dans un commentaire.

Picture of Natalia De la Peña Frade
Natalia De la Peña Frade
Créateur de contenu : j'essaie d'écrire des choses que vous aimez lire

Suggérés pour vous

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *