L’apprentissage par défi, l’évolution de l’apprentissage par projets ?

8 minutes
Rédigé par: Ruth Martín

Quand j’allais à l’école, j’avais une peur bleue des examens.  Peu importe qu’on parle de maths, d’histoire ou d’anglais. J’étais toujours trèèès stressée et le nombre d’heures que j’avais passé à étudier ou ma participation en cours n’y changeait rien : le matin du contrôle, j’avais l’impression d’avoir oublié tout ce que j’avais appris. C’était l’horreur !

Alors je me disais toujours : «Allez, Ruth. Dans quelques heures tu en auras fini et tu pourras oublier la structure des cellules eucaryotes et procaryotes à jamais».

Ah ! Mais c’est bien ça le hic : à jamais. Quand on pense à tous les efforts fournis, et tout ça pour approuver un examen dont on oubliera aussi vite le contenu ?  Heureusement, les temps changent et de plus en plus de professeur·e·s parient sur des méthodologies actives et centrées sur leurs élèves. C’est là que le CBL ou apprentissage par défi entre en jeu.  

Avec cet article, découvrez en quoi la méthode CBL se différencie des autres méthodologies actives, pourquoi l’utiliser dans vos cours et, enfin, des idées et des conseils pratiques pour l’intégrer en classe avec succès. C’est parti !

Qu’est-ce que l’apprentissage par défi ?

L’apprentissage par défi (CBL – challenge-based learning) est une méthodologie active centrée sur le développement des capacités de résolution des problèmes grâce à des tâches ou des défis.  Cette méthodologie motive les élèves à travailler en groupe, à développer une pensée critique et à participer activement à l’apprentissage. L’objectif ? Développer les connaissances, les capacités et la confiance nécessaire pour relever le défi proposé. 

Basé sur la création de problèmes réalistes (comme la résolution des problèmes du groupe, le design d’un produit ou le développement d’une campagne de justice sociale) à résoudre en collaborant.  Voilà pourquoi le CBL est une option géniale pour favoriser le travail d’équipe !

Et en plus, au lieu de recevoir des consignes détaillées sur le meilleur moyen de réaliser une activité, chaque élève peut explorer différentes perspectives, en se basant sur ses propres connaissances et en profitant des capacités et des points forts de chacun. En d’autres termes, c’est une méthodologie qui s’adapte à chaque élève, à sa façon d’apprendre, de comprendre et au contexte dans lequel il évolue.  

On pourrait en résumer le déroulement ainsi :

  1. On part d’une problématique, à réponse ouverte et en lien avec la réalité.
  2. Les élèves analysent, conçoivent, créent et appliquent la meilleure solution. L’enseignant·e les guides avec des questions et des activités au cours des défis d’apprentissage.
  3. La solution se matérialise par le biais d’une action concrète. 

N’allez pas croire que l’apprentissage par défi vient de faire son apparition. En fait, ça existe depuis des décennies, mais ses fans sont de plus en plus nombreux au sein du corps enseignant et des familles ! Ne vous inquiétez pas si vous ne la connaissez pas, cette méthode est très souvent confondue avec l’apprentissage par projet ( ABP – PBL- Apprentissage par projet).

Pourquoi instaurer l’apprentissage par défi dans votre classe ?

Si le ABD – CBL a tant de fans, il doit bien y avoir une raison ! Avec sa planification et ses activités adaptées, cette méthode active a été pensée pour encourager la motivation et la participation en classe. Keep calm, dans quelques instants nous allons vous donner de grandes idées pour instaurer le CBL en classe.

Mais avant d’aborder ce sujet et de les mettre en pratique, nous voulons que vous ressentiez aussi  les bienfaits de cette double dose de motivation. Voilà pourquoi, nous allons récapituler tous les bénéfices que vous obtiendrez en appliquant le CBL avec vos élèves. Entre autres choses :

  • Vous les aidez à développer leur capacité à résoudre des problèmes, une pensée critique et les power skills les plus demandés pour les emplois de demain. On vous le disait, cette méthodologie est basée sur la résolution de défis réalistes, ça aide à identifier et à résoudre les problèmes, une capacité essentielle au quotidien !
  • Encouragez le travail en équipe Chacun apporte ses connaissances et ses capacités, mais avec un objectif commun pour lequel les élèves collaborent. Le résultat ? L’apprentissage est bien plus gratifiant et enrichissant. En plus, si vous encouragez chaque élève à prendre conscience de ses points forts, ils seront capables de reconnaître leur valeur au sein du groupe. 
  • C’est une méthodologie adaptable et personnalisable Cette méthodologie s’adapte à chaque élève, à sa façon d’apprendre et de comprendre. Il s’agit, bien sûr, de proposer des défis ! Mais ils doivent rester accessibles et s’adapter aux besoins de la classe. 
  • C’est parfait pour développer l’amour propre et la confiance en soi. Face à la résolution d’un vrai défi, les participants ressentent vraiment de l’émotion et prennent confiance en leurs capacités ce qui les pousse à poursuivre leurs efforts pour apprendre. 
  • C’est très motivant et ça pousse les élèves à s’engager dans leur parcours d’apprentissage. Leur rôle n’est plus passif, ils/elles doivent maintenant contribuer aux efforts de l’équipe. Mais, que se produit-il quand on se rend compte que notre opinion et notre participation compte ? Exactement… on fait plus d’effort pour que tout se déroule comme prévu 😉
  • Et pourquoi ne pas en parler ? Apprendre par défi, c’est très amusant ! Si vos élèves apprennent en s’amusant en même temps, alors bravo ! Vous avez atteint le nirvana de l’éducation. 

Quelle merveille ! N’est-ce pas ? Si le CBL peut faire tout ça alors pourquoi certains professeur·e·s n’y ont pas encore succombé ? Eh bien, le changement fait toujours un peu peur et commencer à travailler par défi suppose un changement dans la manière de penser et de travailler.  Voilà pourquoi, il est essentiel de compter sur une bonne organisation et d’avoir les meilleures ressources à disposition. 

Appliquer l’apprentissage par défi étape par étape 

Maintenant que vous savez ce qu’est le CBL et quels en sont les avantages, il est temps de mettre la main à la pâte. Pas à pas : 

1. Choisir un sujet pour le défi

La clé du succès du CBL est d’identifier un problème authentique que la classe peut résoudre en équipe. Quelque chose qui réveille l’intérêt des élèves et les oblige à penser de façon critique et à trouver des solutions.

Pour illustrer les prochains exemples, nous avons choisi le sujet de la confiance en soi et de l’intelligence émotionnelle. Et en plus d’être un sujet très prisé dans les salles de classe, ça parle aux élèves de tout âge.  Voilà, le lien entre le contexte dans lequel les élèves évoluent et la vie quotidienne est fait. Mais…, il faut tout de même tenir compte de certains aspects et adapter la méthodologie et les matériaux utilisés à chaque étape. 

2. Commencer à planifier le défi

La prochaine étape est de faire le lien entre le défi et les objectifs d’apprentissage, qui seront à leur tour liés aux critères d’évaluation.

Et outre les objectifs d’apprentissage généraux, il faut établir des objectifs spécifiques à chaque groupe avant de lancer le défi, et si possible, pour chaque élève.  Vous vous assurez ainsi de définir le rôle de chacun dans le défi, ce que vous attendez de chaque équipe et comment chacun peut contribuer individuellement au succès de celle-ci. 

L’enseignement primaire et secondaire

Un modèle qui assure à tous les coups pour planifier vos sessions de CBL  N’oubliez pas de le partager avec vos élèves : personne ne se perdra en chemin et ils auront toutes les ressources et les informations nécessaires, à tout moment.  

À l’université

Prof de fac ? Jetez un œil à cet autre modèle. Il possède tout ce dont vous avez besoin pour planifier la résolution d’une étude de cas. Voici le défi que vous allez proposer aux élèves.

3. Posez une problématique puissante

Une fois le sujet choisi et la liste planifiée, il est temps de se demander : 

  • Quelle est la problématique qui se pose forcément ?
  • Comment marquer la classe dès le début ?
  • Comment créer un lien entre le défi et le contexte dans lequel vos élèves évoluent ?

Au cours de la planification et pour poser la problématique, bien choisir les matériaux du défi est essentiel.  Outre les ressources qui guideront vos élèves vers la solution finale,  consacrez un peu plus de temps pour sélectionner des ressources qui poseront la problématique et serviront comme éléments déclencheurs de l’apprentissage.  

Les vidéos sont, par exemple, des ressources fantastiques pour créer des expériences d’apprentissage basées sur des défis. Choisir la bonne vidéo éveillera la fibre émotive de vos élèves et les motivera à trouver une solution viable au problème. 

L’enseignement primaire et secondaire

Dans l’enseignement primaire et secondaire, vous pouvez montrer à vos élèves la vidéo d’une situation réelle d’un élève de leur âge ayant vécu cette situation et partageant ses émotions. Ils compatissent, éprouvent de la sympathie à son encontre et réalisent plus facilement que le problème les touche également.

Vous pouvez utiliser une actionnable avec une vidéo C’est une ressource simple et efficace ! 

À l’université

Dans l’enseignement supérieur vous pouvez proposer une expérience similaire. Les études sociologiques sur des personnes qui nous ressemblent ou évoluent dans un contexte similaire au notre provoquent une myriade de sentiments. N’hésitez plus à mettre ce type de ressources à profit pour vos défis !

À ce stade de leur apprentissage, les esprits des élèves sont mieux préparés, attendez-vous à des débats plus complexes et à des arguments mieux construits. Avec une présentation vidéo, vous pourrez condenser tout ce que vous voulez leur transmettre avant de lancer le défi.

4. Soyez le guide que vous auriez aimé avoir

Un des objectifs du CBL est d’encourager l’autonomie des élèves, mais il est tout aussi important d’être disponible pour les orienter quand ils en ont besoin.

Vous voulez donner un coup de pouce à leur créativité ou booster leurs notes ? Posez des question qui invitent à la réflexion et suggérez leur des choses si besoin, mais sans exagérer : il faut qu’ils arrivent eux-même à la solution et qu’ils éprouvent le sentiment d’avoir su relever le défi.  

L’enseignement primaire et secondaire

Personnalisez ce modèle comme vous le souhaitez, adaptez-le à votre défi et à votre classe et accompagnez-le d’activités complémentaires sur le thème de l’éducation émotionnelle.

À l’université

Les comparaisons sont des outils intéressants pour poursuivre ou dynamiser le débat et la réflexion constante que supposent l’apprentissage par défi.

5. Justesse et rigueur dans l’évaluation

Nous y sommes presque ! Avec ce type de méthodologie, n’attendez pas le dernier moment pour évaluer le travail de vos élèves.  Au quotidien et grâce à votre rôle de guide CBL, vous vous ferez une idée de la solution qu’ils ont trouvée et du type de produit (numérique ou physique) qu’ils utilisent pour la présenter avant sa mise en pratique.

Vous savez déjà qu’avec Genially vous pouvez créer n’importe quel type de produit numérique pour appuyer la solution du défi et l’action proposée. Leur choix sera fortement influencé par les délais établis et leur niveau de maîtrise de l’outil Genially : une présentation, un guide, un microsite, une infographie…

Maintenant, il ne vous reste plus qu’à évaluer leur rendement et la solution à laquelle ils sont parvenus, mais aussi leur développement personnel.  Ainsi, chaque élève assume la responsabilité de sa contribution au fonctionnement de l’équipe.

Vous pouvez utiliser une rubrique d’évaluation comme celle-ci et l’adapter aux critères d’évaluation du défi. 

N’ayez pas peur de tester de nouvelles manières d’enseigner. Il n’y a qu’en pratiquant que vous pourrez identifier les activités qui plaisent le plus et offrent les meilleurs résultats.  Et en plus, vous aurez une bien meilleure relation avec vos élèves ce qui contribuera à améliorer l’ambiance de la classe. Ça mérite réflexion, non ?! 

À vous de jouer ! Avez-vous déjà utilisé la méthode CBL ? Vous avez votre propre stratégie ? Nous attendons vos réponses en commentaire !

Ruth Martín
Ruth Martín
Si vous ne vous trompez que très rarement, c’est que vous n’apprenez pas suffisamment

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